Le mot « efficace » a un double sens. Soit il se définit en terme d’efficacité: on est efficace quand on s’est donné pour but d’arriver au bout d’une tâche déterminée à l’avance et qu’on y est parvenu. Soit il s’agit de la « cause efficace », terme philosophique définit par Malebranche comme « l’action d’un être qui modifie un autre être sans que celui-ci ne perde rien de sa propre nature ». Cette deuxième définition semble plus juste pour définir le travail de l’analyse.
Les raisons pour lesquelles nos patients viennent nous voir n’ont souvent rien à voir avec celles qu’ils découvrent pendant la cure. Pour être plus précis, nos patients font face à des difficultés dont ils déplorent les effets, mais dont les causes sont souvent opaques et qui ne se résument pas à des problèmes d’efficacité et d’adaptation. C’est ce que nous disons quand nous affirmons que les symptômes « parlent ». Les effets de l’analyse sur nos patients ne se mesurent pas en termes d’efficacité, mais de désir. Nos patients ont des symptômes et nous affirmons que ça a un sens. Nous constatons que le fait de mettre des mots sur ce qui est resté indicible jusque-là, a des effets et que ça change leur existence. Ces changements ne sont ni mesurables, ni quantifiables, mais il n’est pas très compliqué de se renseigner sur ce dont il s’agit. Demandez à ceux de vos proches qui ont fait une analyse. Partout en France, plusieurs milliers de psychanalystes (6000 à 7000 d’après l’Express) reçoivent quotidiennement leurs patients. Ils travaillent sur la théorie et la clinique dans des sociétés de psychanalyse, parlent régulièrement de leur pratique à un autre psychanalyste (supervision), voire continuent leur analyse sur un divan. Ils jouent un rôle social considérable pour soulager ce que l’on appelle « la souffrance psychique ».

24 questions sur la psychanalyse

Comment se passe une analyse ?

Le monde a changé et la psychanalyse aussi. Ce que l’on appelle le cadre, c’est-à-dire les caractéristiques pratiques de la cure analytique ont évolué. Le cadre est essentiel, mais ce…

Comment s’arrête une analyse ?

Il n’y a pas de norme dans l’analyse et donc pas de cure type. Jung prétend qu’il y a autant de types d’analyses que de patients, mais disons que pour…