Un film de Yannick Bellon
Vendredi 9 janvier 2026 à 20h30 au cinéma L’Entrepôt à Paris

7, rue Francis de Pressensé, 75014, Métro Pernety 
le débat sera animé par Eric Le Roy, Chercheur, Historien du cinéma, Conseiller en pEriatrimoine cinématographique et Aurore Renaut, directrice de l’Institut Européen de Cinéma et d’Audiovisuel et maîtresse de conférences à l’Université de Lorraine.

Résumé:
Nicole travaille comme infirmière dans la banlieue de Grenoble, un soir, dans les années soixante-dix, alors qu’elle rentre chez elle en vélomoteur, Nicole est renversée par une voiture puis enlevée et violée par quatre hommes. Traumatisée, humiliée elle fait face au déni de son entourage. Yannick Bellon montre le lent et difficile cheminement de cette femme pour parvenir à porter plainte, faire reconnaitre le crime et obtenir la condamnation des coupables.

Présentation :
L’amour violé a été projeté par Anne Delabre au cinéclub le 7egenre à Paris le 26 novembre 2025
Pour préparer son quatrième long-métrage, Yannick Bellon se documente longuement sur le viol avec l’aide de Gisèle Halimi. Elle n’obtient pas l’avance sur recette et aucun producteur ne veut de son film. Elle est donc seule quand elle engage Nathalie Nell qui prend le risque d’interprèter le difficile rôle de Nicole et pour qui le film devient un acte militant, ainsi que Pierre Arditi et Daniel Auteuil dont ce sont les premiers rôles au cinéma. Opiniâtre, elle décide de tourner à ses frais la scène d’ouverture du film, la scène du viol, pendant cinq jours à Grenoble, avec l’aide matériel de Claude Lelouch. Elle parvient à convaincre le jeune Marin Karmitz de devenir producteur associé.
Jusqu’à la loi du 2 décembre 1980, le viol était considéré comme un délit et la plupart des coupables étaient condamnés à des peines de sursis. L’amour violé sort sur les écrans en 1978 et c’est un succès (1 800 0000 entrées), le film participe au mouvement qui a fait changer la loi et qui a obtenu que le viol soit considéré comme un crime. Une partie de la critique se dresse contre le film et compare Yannick Bellon à André Cayatte (le bouc émissaire de la Nouvelle Vague et des Cahiers du cinéma). Yannick Bellon est considérée par certains comme une réalisatrice de films à thèse, sa mise en scène est jugée trop explicite, mais en réalité son cinéma dérange. Les films de Yanick Bellon sont des œuvres de combat, elle aborde des sujet sociaux, son cinéma est militant (elle est proche du parti communiste), elle fait des films pour changer le monde et combat pour défendre les femmes, mais elle refuse le qualificatif de « féministe ». Malgré son succès L’amour violé tombe lentement dans l’oubli, jusqu’à sa récente restauration et sa réédition en dvd par Doriane films.
L’amour violé, n’a jusqu’à aujourd’hui, jamais été diffusé à la télévision.